Au moment de “Daguet”, le mortier rayé tracté de 120 mm, fabriqué par TDA Armements (aujourd’hui faisant partie du groupe de Thales) équipait la section de mortiers lourds (SML) de chaque régiment d’infanterie, aujourd’hui affectée à l’artillerie en double dotation.

Cette arme est légère, mobile et très puissante. Ses effets sont réputés similaires à ceux de l’artillerie. La létalité est double de celle d’une munition de 105 mm et équivalente à celle d’une  munition de 155 mm. Il formait alors “l’artillerie du colonel”.

Pour mémoire, le 2e REI disposait lors de son engagement dans le Golfe de deux SML ce qui lui donna au moment de l’assaut sur l’aérodrome d’As Salman une puissance de feu remarquable d’efficacité et de précision  permettant au PC du régiment d’appuyer à la demande chacune de ses compagnies, au plus près et en fonction des aléas du combat).  

Entré en service dans les années 60 au sein de l’armée française et dans de nombreuses armées étrangères, ce mortier est caractérisé par son tube rayé qui augmente sa précision et sa mise en batterie très rapide car son train rouleur n’a pas à être enlevé pour le tir.

Ainsi, il est mis en batterie en 2 minutes sans aménagement du terrain, tire 18 coups par minute et ne réclame que 2 minutes pour quitter sa position. Sa portée varie en fonction des projectiles employés et peut atteindre 13 kilomètres pour celui à propulsion addtionnelle (PRPA), sa portée minimale étant de 1.100 mètres. Pour ses déplacements, il peut être tracté par des véhicules légers du type VLTT mais, dans l’armée française, il est tracté par VAB, AMX-10P et VLRA. Il est aussi aérotransportable, parachutable et hélitreuillable.

Caractéristiques :

  • Poids : 622 kg
  • Longueur horst tout : 3,01 m
  • Largeur hors tout : 1,93 m
  • Hauteur en position de route : 1,33 m
  • Poids du projectile : 18,6 kg

La munition :

La munition de mortier de 120 mm se compose de trois éléments essentiels, ayant chacun une fonction bien spécifique :

  • le corps de la munition, enveloppe métallique renfermant la charge militaire produisant l’effet recherché ;
  • la Queue porte-charge (QPC), cylindre métallique percé d’orifices, dont la fonction est de porter les dix appoints de charge et de faciliter l’introduction de la munition dans le tube, et qui se désolidarise de l’obus au départ du coup ;
  • la fusée, dont le bon fonctionnement conditionne la mise à feu de la charge militaire au moment opportun.

Une fois libérée de sa QPC, l’obus de 120 mm se comporte en vol exactement comme un obus d’artillerie, au contraire d’une munition de mortier lisse qui, non gyrostabilisée et solidaire de son empennage jusqu’à l’impact, est trois fois moins précise. En outre, une munition de 120 mm emporte environ 4,2 kg de charge militaire quand une munition lisse en emporte à peine la moitié.

French soldiers prepare to fire a 120mm MO-120-RT-61 rifled mortar as it stands in position behind a VTM 120 mortar towing vehicle. The equipment is part of a display of Allied armor and weaponry taking place during Operation Desert Shield.